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« Aimez vos mains… afin qu’un jour vos mains soient belles ! »

« Aimez vos mains… afin qu’un jour vos mains soient belles ! »
…ces vers mystérieux de Germain Nouveau me reviennent en mémoire…

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Vous ne connaissez pas Germain Nouveau ?

Poète français, ami de Verlaine et de Rimbaud Germain_Nouveau.jpg
( il a aidé Arthur à copier « les illuminations »)
professeur de français, devenu mendiant et pèlerin après plusieurs crises de folie mystique,
il est mort ( d’un jeune excessif) en 1920…
ses poèmes ont été publiés (contre son gré,)
puis hautement loués par les surréalistes…

 

 

« Il y a de la sagesse dans leur folie… (Hamlet)

Méditons les vers de Germain Nouveau, avec Jerome Bosch, et son extraordinaire…  « Near death expérience ? »

L’Ascension vers l’Empyrée, Jerome Bosch, Palais des Doges - Venise copie.jpg

« Aimez vos mains… afin qu’un jour vos mains soient belles ! »  Est-ce que tu médites, poète fou, sur le mystère ( énorme et essentiel) de la RESURRECTION  DE LA CHAIR ?

Essayons de te suivre, Germain, en faisant naitre des images sur ton poème…

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Rodin

Aimez vos mains afin qu’un jour vos mains soient belles,
Il n’est pas de parfum trop précieux pour elles, 
Soignez-les. Taillez bien les ongles douloureux, 
Il n’est pas d’instruments trop délicats pour eux.

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Michelangelo

C’est Dieu qui fit les mains fécondes en merveilles ;
Les mains sont l’homme, ainsi que les ailes l’oiseau ; 

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Dürer

Les mains disent aux yeux les secrets de l’esprit.

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Moulage de la main de Frédéric Chopin

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Rembrandt

Les peintres les plus grands furent amoureux d’elles, 
Et les peintres des mains sont les peintres modèles.

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Botticelli

Servez vos mains, ce sont vos servantes fidèles ; 
Donnez à leur repos un lit tout en dentelles.

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Le Bernin

Livrez vos mains à l’eau dans les bassins d’argent, 
Préparez-leur le linge avec les aromates.

Ce sont vos mains qui font la caresse ici-bas ; 

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Le Bernin

Comme deux cygnes blancs l’un vers l’autre nageant,
Deux voiles sur la mer fondant leurs pâleurs mates, 

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NOTE COMPLEMENTAIRE… à l’Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère :

Apprenez à aimer la poésie !

L’important, c’est de lire le poème, lentement, …
en savourant chaque syllabe , chaque sonorité sourde du français,
en rythmant soigneusement la musique mystérieuse de la phrase,
et surtout, en laissant soigneusement perler les 12 pieds de chaque vers…

Ne faites pas comme ces metteurs en scène et ces comédiens qui récitent cela comme de la prose, sans rythme, comme s’ils s’excusaient et voulaient faire oublier …
…que ce sont des VERS, et non de la prose. Merci, monsieur Jourdain ! 

« De la musique avant toute chose ! «  (Verlaine – L’Art poétique )

Après cette lecture musicale approfondie, laissez reposer ! …
Et ce sont les vers qui vous reviendront ensuite en mémoire… qui seront alors le VRAI MIEL, et la VRAIE REVELATION poétique.


Pour ne pas vous frustrer, Je vous donne le poème intégral :


Germain NOUVEAU : Les mains

Aimez vos mains afin qu’un jour vos mains soient belles,
Il n’est pas de parfum trop précieux pour elles, 
Soignez-les. Taillez bien les ongles douloureux, 
Il n’est pas d’instruments trop délicats pour eux.

C’est Dieu qui fit les mains fécondes en merveilles ;
Elles ont pris leur neige au lys des Séraphins, 
Au jardin de la chair ce sont deux fleurs pareilles, 
Et le sang de la rose est sous leurs ongles fins.

Il circule un printemps mystique dans les veines 
Où court la violette, où le bluet sourit ; 
Aux lignes de la paume ont dormi les verveines ; 
Les mains disent aux yeux les secrets de l’esprit.
Les peintres les plus grands furent amoureux d’elles, 
Et les peintres des mains sont les peintres modèles.

Comme deux cygnes blancs l’un vers l’autre nageant,
Deux voiles sur la mer fondant leurs pâleurs mates, 
Livrez vos mains à l’eau dans les bassins d’argent, 
Préparez-leur le linge avec les aromates.

Les mains sont l’homme, ainsi que les ailes l’oiseau ; 
Les mains chez les méchants sont des terres arides ; 
Celles de l’humble vieille, où tourne un blond fuseau, 
Font lire une sagesse écrite dans leurs rides.

Les mains des laboureurs, les mains des matelots
Montrent le hâle d’or des Cieux sous leur peau brune. 
L’aile des goélands garde l’odeur des flots, 
Et les mains de la Vierge un baiser de la lune.

Les plus belles parfois font le plus noir métier, 
Les plus saintes étaient les mains d’un charpentier.

Les mains sont vos enfants et sont deux soeurs jumelles, 
Les dix doigts sont leurs fils également bénis ; 
Veillez bien sur leurs jeux, sur leurs moindres querelles,
Sur toute leur conduite aux détails infinis.

Les doigts font les filets et d’eux sortent les villes ;
Les doigts ont révélé la lyre aux temps anciens ;
Ils travaillent, pliés aux tâches les plus viles, 
Ce sont des ouvriers et des musiciens.

Lâchés dans la forêt des orgues le dimanche, 
Les doigts sont des oiseaux, et c’est au bout des doigts
Que, rappelant le vol des geais de branche en branche, 
Rit l’essaim familier des Signes de la Croix.

Le pouce dur, avec sa taille courte et grasse, 
A la force ; il a l’air d’Hercule triomphant ;
Le plus faible de tous, le plus doux a la grâce, 
Et c’est le petit doigt qui sut rester enfant.

Servez vos mains, ce sont vos servantes fidèles ; 
Donnez à leur repos un lit tout en dentelles.

Ce sont vos mains qui font la caresse ici-bas ; 
Croyez qu’elles sont soeurs des lys et soeurs des ailes :
Ne les méprisez pas, ne les négligez pas, 
Et laissez-les fleurir comme des asphodèles.

Portez à Dieu le doux trésor de vos parfums,
Le soir, à la prière éclose sur les lèvres,
Ô mains, et joignez-vous pour les pauvres défunts,
Pour que Dieu dans les mains rafraîchisse nos fièvres,

Pour que le mois des fruits vous charge de ses dons 
Mais ouvrez-vous toujours sur un nid de pardons.

Et vous, dites, ô vous, qui, détestant les armes,
Mirez votre tristesse au fleuve de nos larmes,
Vieillard, dont les cheveux vont tout blancs vers le jour,
Jeune homme, aux yeux divins où se lève l’amour,
Douce femme mêlant ta rêverie aux anges,

Le coeur gonflé parfois au fond des soirs étranges,
Sans songer qu’en vos mains fleurit la volonté,
Tous, vous dites : « Où donc est-il, en vérité,
Le remède, ô Seigneur, car nos maux sont extrêmes ? »

– Mais il est dans vos mains, mais il est vos mains mêmes.

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