Chanter les chorals de Bach à St Germain des Près ? Vous avez un an pour vous préparer…

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Comment apprendre à chanter les 12 chorals de la PASSION SELON ST JEAN

(avec la partition à l’écran)

Première partie —————————

Choral 7 O grosse Liebe

Choral 9

Choral 15

Choral 20

Deuxième partie ———————————

Choral 21

Choral 27

Choral 40

Choral 52

Choral 56

Choral 65

Choral FINAL 68

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Suivre toute la PASSION EN IMAGES
avec le texte intégral en allemand
et  la traduction française

JS. BACH-Johannes Passion – part1

JS. BACH-Johannes Passion – part2

Méditation pour le Samedi saint…

Je persiste ! Nouvelle édition de cette « méditation pour le Samedi saint  »

UNE MÉDITATION POUR LE SAMEDI SAINT?

Les réseaux sociaux ont des échos mystérieux… et surprenants !
On vient de me remercier, ce matin, pour avoir publié, il y longtemps…
cette méditation sur un texte poétique ( anonyme) du « livre des heures »
J’avais oublié…

Comme le disait la philosophe Simone Veil :

« la Grâce nous élève… parfois. Mais la Pesanteur ne nous lâche jamais ! »

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Si, en ce matin du Samedi saint, la pesanteur ( et la morosité…) vous lâche un peu…
si vous avez du temps pour méditer…
vous vous interrogerez avec moi sur quelques grands mystères théologiques que des mystiques ruminent et soupèsent depuis vingt siècles:

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Tous les Hommes sont mortels

pourquoi ont-ils le sentiment, ( depuis Adam? …depuis qu’un australopithèque, ou un Sapiens…a commencé à regarder vers le Ciel, et à enterrer ses morts ? ) …

…que c’est une injustice? une réalité incomplète ? Une question scientifique non résolue?

Qu’est ce qui a changé depuis ce jour de l’an 30, sous l’empereur Tibère, 
quand les disciples apeurés d’une petite secte juive sont montés, au petit matin, 
vers un tombeau VIDE, 
où ne restait qu’un linceul taché de sang, et mystérieusement irradié ?
Qu’ont ils vu et cru? 
Pourquoi leur étonnement (et leur incrédulité) a changé le monde?

Est-ce que la CRÉATION DU MONDE était achevée ?

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Est-ce que l’UNIVERS CRÉÉ attend notre métamorphose pour découvrir sa finalité ultime? 
Est-ce que chaque mort… est une entrée dans la VRAIE VIE? … 

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Est-ce que chaque mort est… une nouvelle PIERRE VIVANTE dans une cathédrale d’amour qui se construit peu à peu?

Si vous avez du temps pour méditer toutes ces questions, 

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https://youtu.be/TmEhOdJ2Sik

lisez avec moi ce texte mystérieux et sublime, que j’avais essayé, maladroitement, de mettre en images*.

   JEAN MICHEL samedi saint 2020

*…pardon au petit Prince ( que nous sommes tous appelés à devenir! ) :
 « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’ESSENTIEL est invisible pour les yeux. »

 

 

Message pour les cœurs confinés…

Dürer-autoportait Christ-yeux4 copieVous pouvez avoir des défauts, être anxieux et toujours en colère, 

mais n’oubliez pas que votre vie est la plus grande entreprise au monde
et vous pouvez l’empêcher d’échouer. 

Beaucoup vous apprécient, vous admirent et vous aiment.
Rappelez-vous qu’être heureux…
… ce n’est pas avoir un ciel sans tempête,
une route sans accidents,
un travail sans fatigue,
des relations sans déceptions. 

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Le DERNIER auto-portrait de Picasso, quinze jours avant sa mort…

Etre heureux, c’est…
trouver la force dans le pardon,
l’espoir dans les batailles,
la sécurité dans les moments de peur,
l’amour dans la discorde. 

Ce n’est pas seulement
de goûter au sourire, mais aussi de réfléchir à la tristesse. 

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Ce n’est pas seulement
 pour célébrer les succès, mais pour apprendre les leçons des échecs.
Ce n’est pas seulement
de se sentir heureux avec les applaudissements, mais d’être heureux dans l’anonymat.

Être heureux n’est pas une fatalité du destin,
 mais une réussite pour ceux qui peuvent voyager en eux-mêmes.

Être heureux,
c’est arrêter de devenir une victime et devenir l’auteur de votre destin.
C’est traverser les déserts pour pouvoir encore trouver une oasis au fond de notre âme.
C’est remercier Dieu pour chaque matin, pour le miracle de la vie. 

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Être heureux, c’est ne pas craindre vos propres sentiments.
C’est pouvoir parler de vous.
C’est avoir le courage d’entendre un «non».
La confiance est à l’affût des critiques, même si elles ne sont pas justifiées.
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C’est d’embrasser vos enfants, de choyer vos parents,
de vivre des moments poétiques avec des amis, même s’ils nous blessent.
Être heureux c’est laisser vivre la créature qui vit dans chacun d’entre nous,
libre, joyeuse et simple. 

Il faut avoir la maturité pour pouvoir dire: «J’ai fait des erreurs».
C’est avoir le courage de dire « Je suis désolé ».
C’est d’avoir la sensibilité de dire « J’ai besoin de toi ».
C’est avoir la capacité de dire « Je t’aime ». 

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Que votre vie devienne un jardin d’opportunités pour le bonheur
Au printemps, un amoureux de la joie. 
En hiver, un amoureux de la sagesse.

 Et lorsque vous faites une erreur, recommencez!
Car seulement alors, vous serez amoureux de la vie. 

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Vous constaterez que le fait d’être heureux n’est pas d’avoir une vie parfaite.
Mais utilisez les larmes pour irriguer la tolérance.
Utilisez vos pertes pour raffermir la patience.
Utilisez vos erreurs pour sculpter la sérénité.
Utilisez la douleur comme plâtre du plaisir.
Utilisez les obstacles pour ouvrir les fenêtres d’intelligence. 

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Ne jamais abandonner …
Ne jamais abandonner les gens qui vous aiment.
Ne jamais abandonner le bonheur, car la vie est une performance incroyable.  »

Pape François

FIN

Le dernier message de Saint Exupéry

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Antoine de Saint Exupéry : mythe absolu de l’aviateur et de l’écrivain, auteur du Petit-Prince et de nombreux romans, est mort au combat le 31 juillet 1944.

La veille, il écrit au général X et s’exprime avec une lucidité exceptionnelle sur la condition de l’homme moderne. Testament avant l’heure, cette lettre, déchirante à la lumière de son destin, parle étrangement et profondément de notre temps.

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Je viens de faire quelques vols sur P. 38. C’est une belle machine. J’aurais été heureux de disposer de ce cadeau-là pour mes vingt ans.
Je constate avec mélancolie qu’aujourd’hui, à quarante trois ans, après quelques six mille cinq cents heures de vol sous tous les ciels du monde, je ne puis plus trouver grand plaisir à ce jeu-là. Ce n’est plus qu’un instrument de déplacement – ici de guerre.
Si je me soumets à la vitesse et à l’altitude à mon âge patriarcal pour ce métier, c’est bien plus pour ne rien refuser des emmerdements de ma génération que dans l’espoir de retrouver les satisfactions d’autrefois.

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Ceci est peut-être mélancolique, mais peut-être bien ne l’est-ce pas. C’est sans doute quand j’avais vingt ans que je me trompais.
En Octobre 1940, de retour d’Afrique du Nord où le groupe 2 – 33 avait émigré, ma voiture étant remisée exsangue dans quelque garage poussiéreux, j’ai découvert la carriole et le cheval. Par elle l’herbe des chemins. Les moutons et les oliviers.
Ces oliviers avaient un autre rôle que celui de battre la mesure derrière les vitres à 130 kms à l’heure. Ils se montraient dans leur rythme vrai qui est de lentement fabriquer des olives. Les moutons n’avaient pas pour fin exclusive de faire tomber la moyenne. Ils redevenaient vivants. Ils faisaient de vraies crottes et fabriquaient de la vraie laine.
Et l’herbe aussi avait un sens puisqu’ils la broutaient.

Et je me suis senti revivre dans ce seul coin du monde où la poussière soit parfumée (je suis injuste, elle l’est en Grèce aussi comme en Provence).
Et il m’a semblé que, toute ma vie, j’avais été un imbécile…

Tout cela pour vous expliquer que cette existence grégaire au coeur d’une base américaine, ces repas expédiés debout en dix minutes, ce va-et-vient entre les monoplaces de 2600 chevaux dans une bâtisse abstraite où nous sommes entassé à trois par chambre, ce terrible désert humain, en un mot, n’a rien qui me caresse le coeur. Ca aussi, comme les missions sans profit ou espoir de retour de Juin 1940, c’est une maladie à passer. Je suis “malade” pour un temps inconnu. Mais je ne me reconnais pas le droit de ne pas subir cette maladie. Voilà tout. Aujourd’hui, je suis profondément triste. Je suis triste pour ma génération qui est vide de toute substance humaine. Qui n’ayant connu que les bars, les mathématiques et les Bugatti comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd’hui plongé dans une action strictement grégaire qui n’a plus aucune couleur.

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On ne sait pas le remarquer. Prenez le phénomène militaire d’il y a cent ans.
Considérez combien il intégrait d’efforts pour qu’il fut répondu à la vie spirituelle, poétique ou simplement humaine de l’homme.
Aujourd’hui nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces niaiseries. Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (il n’est pas de victoire aujourd’hui, il n’est que des phénomènes de digestion lente ou rapide) tout lyrisme sonne ridicule et les hommes refusent d’être réveillés à une vie spirituelle quelconque. Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne. Comme dit la jeunesse américaine, “nous acceptons honnêtement ce job ingrat” et la propagande, dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir.

De la tragédie grecque, l’humanité, dans sa décadence, est tombée jusqu’au théâtre de Mr Louis Verneuil (on ne peut guère aller plus loin).
Siècle de publicité, du système Taylor, des régimes totalitaires et des armées sans clairons ni drapeaux, ni messes pour les morts.
Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif.

Ah ! Général, il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien.
On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous !
On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour.
Rien qu’à entendre un chant villageois du 15 ème siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi).
Deux milliards d’hommes n’entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.

Tous les craquements des trente dernières années n’ont que deux sources : les impasses du système économique du XIX ème siècle et le désespoir spirituel.
Pourquoi Mermoz a-t-il suivi son grand dadais de colonel sinon par soif ?
Pourquoi la Russie ? Pourquoi l’Espagne ?
Les hommes ont fait l’essai des valeurs cartésiennes : hors des sciences de la nature, cela ne leur a guère réussi.

 

Il n’y a qu’un problème, un seul : redécouvrir qu’il est une vie de l’esprit plus haute encore que la vie de l’intelligence, la seule qui satisfasse l’homme.
Ca déborde le problème de la vie religieuse qui n’en est qu’une forme (bien que peut-être la vie de l’esprit conduise à l’autre nécessairement).
Et la vie de l’esprit commence là où un être est conçu au-dessus des matériaux qui le composent. L’amour de la maison -cet amour inconnaissable aux Etats-Unis – est déjà de la vie de l’esprit.

Et la fête villageoise, et le culte des morts (je cite cela car il s’est tué depuis mon arrivée ici deux ou trois parachutistes, mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir) . Cela c’est de l’époque, non de l’Amérique : l’homme n’a plus de sens.

 

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Il faut absolument parler aux hommes.

A quoi servira de gagner la guerre si nous en avons pour cent ans de crise d’épilepsie révolutionnaire ?
Quand la question allemande sera enfin réglée tous les problèmes véritables commenceront à se poser. Il est peu probable que la spéculation sur les stocks américains suffise au sortir de cette guerre à distraire, comme en 1919, l’humanité de ses soucis véritables.
Faute d’un courant spirituel fort, il poussera, comme champignons, trente-six sectes qui se diviseront les unes les autres.
Le marxisme lui-même, trop vieilli, se décomposera en une multitude de néo-marxismes contradictoires. On l’a bien observé en Espagne.
A moins qu’un César français ne nous installe dans un camp de concentration pour l’éternité.

Ah ! quel étrange soir, ce soir, quel étrange climat.
Je vois de ma chambre s’allumer les fenêtres de ces bâtisses sans visages.
J’entends les postes de radio divers débiter leur musique de mirliton à ces foules désoeuvrées venues d’au-delà des mers et qui ne connaissent même pas la nostalgie.

On peut confondre cette acceptation résignée avec l’esprit de sacrifice ou la grandeur morale. Ce serait là une belle erreur.
Les liens d’amour qui nouent l’homme d’aujourd’hui aux êtres comme aux choses sont si peu tendus, si peu denses, que l’homme ne sent plus l’absence comme autrefois.
C’est le mot terrible de cette histoire juive : “tu vas donc là-bas ? Comme tu seras loin ” – Loin d’où ?
Le “où” qu’ils ont quitté n’était plus guère qu’un vaste faisceau d’habitudes.

Dans cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d’avec les choses.
Les frigidaires sont interchangeables. Et la maison aussi si elle n’est qu’un assemblage. Et la femme. Et la religion. Et le parti.
On ne peut même pas être infidèle : à quoi serait-on infidèle ? Loin d’où et infidèle à quoi ? Désert de l’homme.

Qu’ils sont donc sages et paisibles ces hommes en groupe.
Moi je songe aux marins bretons d’autrefois, qui débarquaient, lâchés sur une ville, à ces noeuds complexes d’appétits violents et de nostalgie intolérable qu’ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués. Il fallait toujours, pour les tenir, des gendarmes forts ou des principes forts ou des fois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d’oies.
L’homme d’aujourd’hui on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou le bridge. Nous sommes étonnamment bien châtrés.

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Ainsi sommes-nous enfin libres . On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher.
Mais je hais cette époque où l’homme devient, sous un totalitarisme universel, bétail doux, poli et tranquille. On nous fait prendre ça pour un progrès moral !

Ce que je hais dans le marxisme, c’est le totalitarisme à quoi il conduit. L’homme y est défini comme producteur et consommateur, le problème essentiel étant celui de la distribution.
Ce que je hais dans le nazisme, c’est le totalitarisme à quoi il prétend par son essence même. On fait défiler les ouvriers de la Ruhr devant un Van Gogh, un Cézanne et un chromo. Ils votent naturellement pour le chromo. Voilà la vérité du peuple !

On boucle solidement dans un camp de concentration les candidats Cézanne, les candidats Van Gogh, tous les grands non-conformistes, et l’on alimente en chromos un bétail soumis. Mais où vont les Etats-Unis et où allons-nous, nous aussi, à cette époque de fonctionnariat universel ? L’homme robot, l’homme termite, l’homme oscillant du travail à la chaîne système Taylor à la belote.
L’homme châtré de tout son pouvoir créateur, et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L’homme que l’on alimente en culture de confection, en culture standard comme on alimente les boeufs en foin.

C’est cela l’homme d’aujourd’hui.

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Et moi je pense que, il n’y a pas trois cents ans, on pouvait écrire ” La Princesse de Clèvesou s’enfermer dans un couvent pour la vie à cause d’un amour perdu, tant était brûlant l’amour.
Aujourd’hui bien sûr les gens se suicident, mais la souffrance de ceux-là est de l’ordre d’une rage de dents intolérable.  Ce n’a point à faire avec l’amour.

Certes, il est une première étape. Je ne puis supporter l’idée de verser des générations d’enfants français dans le ventre du moloch allemand. La substance même est menacée, mais, quand elle sera sauvée, alors se posera le problème fondamental qui est celui de notre temps. Qui est celui du sens de l’homme et auquel il n’est point proposé de réponse, et j’ai l’impression de marcher vers les temps les plus noirs du monde.

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Ca m’est égal d’être tué en guerre. De ce que j’ai aimé, que restera-t-il ?
Autant que les êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d’une certaine lumière spirituelle. Du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel.
Les choses. je m’en fous, qui subsisteront. Ce qui vaut, c’est certain arrangement des choses.
La civilisation est un bien invisible puisqu’elle porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l’une à l’autre, ainsi et non autrement.
Nous aurons de parfaits instruments de musique, distribués en grande série, mais où sera le musicien ?

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Si je suis tué en guerre, je m’en moque bien. Ou si je subis une crise de rage de ces sortes de torpilles volantes qui n’ont plus rien à voir avec le vol et font du pilote parmi ses boutons et ses cadrans une sorte de chef comptable (le vol aussi c’est un certain ordre de liens).

Mais si je rentre vivant de ce “job nécessaire et ingrat”, il ne se posera pour moi qu’un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?

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La lassitude et le découragement (fécond) des vrais savants, devant LE MYSTERE…

J’écoutais hier , sur You tube, Etienne Klein parler du Temps, du vide quantique, du Néant… à un aéropage de philosophes.

Sur Youtube : Etienne Klein –  De quoi le vide est-il plein ? https://youtu.be/jerIAv0RLD4

Etienne Klein, qui est d’ordinaire courtois, serviable, brillantissime,
heureux d’expliquer,
débordant d’admiration devant le génie de tous les hommes extraordinaires…
( Einstein, Dirac, Bohr, etc ) qui ont inventé des concepts géniaux,
clés précieuses pour ouvrir quelques portes dans l’immense palais de mystère qui nous entoure…

…je le vois dépité, amer, fatigué,
agacé par la sottise verbeuse et stérile des soi-disants « grands philosophes du siècle » : Jean-Paul Sartre et Heidegger,
sottise corroborée par ceux ( dans la salle et sur l’estrade) qui continuent à les révérer béatement (sans même les lire)…

Etienne Klein n’a plus envie de parler du Mystère du Temps !
(Il a fait deux livres sur la question, et manifestement, cela n’a pas fait progresser la sottise de son auditoire, qui lui repose sempiternellement les mêmes questions mal posées…)

Et dans une autre conférence, il déclare qu’il n’a plus envie de parler de cosmologie
Mais oui ! Il est découragé par le mystère de la « Matière noire »…
Il se demande si les astronomes d’aujourd’hui sont dans une nouvelle impasse historique, avec un système explicatif brillant qui est peut-être totalement faux…
Il dit : Je crois qu’on est en train d’inventer de nouveaux épicycles…

Vous ne savez pas ce qu’étaient les épicycles ?
Chaque fois que les astronomes les plus savants de l’Antiquité ou du Moyen-Age faisaient de nouvelles observations dans la course des étoiles et des planètes,
ils essayaient de compléter le magnifique système géocentrique de Ptolémée : mais au lieu de le compléter, ils le compliquaient en rajoutant des sphères nouvelles dans les sphères célestes qui tournaient autour de la terre immobile.
On appelaient ces sphères nouvelles : des épicycles
Le beau système géocentrique de Ptolémée, explicite et simple au départ, devenait ainsi, au fil des observations, une machine imaginaire de plus en plus compliquée, et décourageante…
Il a fallu attendre Copernic pour qu’on abandonne toute cette complication infinie des « épicycles » en abandonnant simplement tout le système de Ptolémée : ce n’est pas le soleil et les planètes qui tournent autour de la Terre…
Donc, il n’y avait plus besoin d’épicycles compliqués…
… pour expliquer pourquoi les planètes se mettent à tourner parfois à reculons…

Aujord’hui, pour expliquer la rotation des galaxies dans notre univers, avec les lois de la gravitation telles qu’on les a comprises, on est obligés de spéculer sur la présence hypothétique d’une soi-disant matière noire, que personne n’a jamais détectée, et qui représenterait autour de 90% de la matière de l’univers…

Pour expliquer ce que nous voyons, nous devons faire l’hypothèse qu’il y a 90% que nous ne voyons pas…

Est-ce bien raisonnable ?
Ou alors, … les lois de la gravitation sont-elles à remettre totalement en question ?
Faut-il réintroduire la « constante cosmologique » de la Relativité Générale, dont Eistein disait : c’est la plus grande sottise de ma vie !
C’est décourageant, après un siècle d’efforts inouïs de devoir abandonner une théorie si précieuse et si féconde… et pour la remplacer par quoi ?

Einstein, dépité par le succès de la physique quantique qu’il trouvait « abominable », disait à la fin de sa vie… qu’il aurait mieux fait de se faire plombier que physicien…
Aujourd’hui, Etienne Klein ( je le vois dans ses ses yeux)
préférerait retourner faire de l’escalade sur la face Nord des Grandes Jorasses , plutôt que de continuer à expliciter des hypothèses fumeuses d’épicycles à des auditoires hébétés…( et qui s’en foutent ! )

Il y a comme cela, dans nos vies, des grands moments de doute…
En écoutant Etienne Klein, je pensais au « sage Salomon » écrivant L’ECCLESIASTE, un jour de grande déprime…

Vanitas, vanitatum, omne est vanitas…

Vanité des vanités, tout n’est que vanité…
Piqure de rappel : Ecoutez les Byrds qui chantent l’Ecclésiaste dans les années 70 : Turn, turn,turn…
https://www.youtube.com/watch?v=W4ga_M5Zdn4


Un savant pasteur protestant, sur le Web, m’explique ce que cela signifie :

Le mot VANITE traduit par futilité évoque l’lnslgnlflance et l’inconsistance de la vie sans Dieu. Vanité des vanités est la forme hébraïque du superlatif (Par exemple: Cantique des cantiques, saint des saints, serviteur des serviteurs – Genèse 9: 25). 


Voici le texte de l’Ecclésiaste chanté par les Byrds :

To everything – turn, turn, turn
Pour chaque chose – tourne, tourne, tourne
There is a season – turn, turn, turn
Il y a une saison – tourne, tourne, tourne
And a time for every purpose under heaven
Et un temps pour chaque objectif ici-bas

A time to be born, a time to die

Un temps pour naître, un temps pour mourir
A time to plant, a time to reap
Un temps pour semer, un temps pour récolter
A time to kill, a time to heal
Un temps pour tuer, un temps pour guérir
A time to laugh, a time to weep
Un temps pour rire, un temps pour pleurer

A time to build up, a time to break down
Un temps pour construire, un temps pour détruire
A time to dance, a time to mourn
Un temps pour danser, un temps pour se lamenter
A time to cast away stones
Un temps pour jeter des pierres
A time to gather stones together
Un temps pour assembler des pierres

A time of war, a time of peace
Un temps pour la guerre, un temps pour la paix
A time of love, a time of hate
Un temps pour l’amour, un temps pour la haine
A time you may embrace
Un temps où tu peux étreindre
A time to refrain from embracing
Un temps pour se réfréner d’étreindre
A time to gain, a time to lose
Un temps pour gagner, un temps pour perdre
A time to rend, a time to sew
Un temps pour déchirer, un temps pour recoudre
A time to love, a time to hate
Un temps pour aimer, un temps pour haïr
A time of peace, I swear it’s not too late !
Un temps pour la paix,
 je jure que ce n’est pas trop tard !

Je jure… qu’il n’est pas trop tard, Etienne Klein, pour continuer à penser, à douter… et à s’émerveiller !

Beau ciel, VRAI CIEL, regarde moi qui change !
…après tant d’étrange aveuglement.

Le vrai miracle de la COSMOGENESE, c’est que, …
plus de treize milliards d’années après le déploiement de ce cosmos gigantesque,
et sa longue ascension vers la complexité et la conscience…
il y a ait quelque part dans une galaxie un petit paquet de neurones
qui se pensent et qui s’appellent ETIENNE KLEIN…
( plus de 100 milliards, tout de même, ce n’est pas un petit paquet…)
un cerveau qui s’interroge, qui calcule, qui s’émerveille… et QUI DOUTE !

Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes…

Il y a un siècle, sur la plage de Sète, Paul Valéry se posait les mêmes questions devant le ciel bleu et sa (future) tombe, dans « le cimetière marin ».

Beau ciel, VRAI CIEL, regarde moi qui change,
Après tant d’orgueil, après tant d’étrange aveuglement…
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
sont le défaut de ton grand diamant !

Cher lecteur ! En cette année 2020,
j’ai l’intention de recenser les nombreuses notes de
TOUT CE QU J’AI COMPRIS ET RETENU de mes lectures d’Etienne Klein, Trinh, Hubert Reeves, etc — sur le grand mystère de la la cosmogénèse et l’apparition de LA CONSCIENCE…

ça vous intéresse ? — envoyez moi vos notes et vos réflexions ! A SUIVRE